Quand on parle de microbiote, on pense immédiatement à notre intestin.
Pourtant, avant même d’arriver dans notre estomac et notre intestin, notre alimentation rencontre un premier écosystème essentiel : le microbiote buccal.
Notre bouche abrite des centaines d’espèces de bactéries, mais aussi de champignons et de virus.
Alors, que font tous ces petits habitants ? Pourquoi leur équilibre est-il important ? Et quel lien existe-t-il entre notre bouche, notre santé digestive et notre santé tout court
Le microbiote buccal : un petit monde qui joue un grand rôle
Notre corps héberge des milliards de micro-organismes. Ils ne se trouvent pas uniquement dans l’intestin : ils sont présents dans différents endroits de notre organisme, notamment sur notre peau, dans notre bouche et dans notre système digestif. (voir article Nos amis du microbiote)
La bouche abrite un écosystème microbien riche de plus de 1000 espèces différentes de notre organisme.
Ces bactéries ne sont pas toutes mauvaises, bien au contraire ! La majorité cohabite naturellement avec notre organisme et participe au maintien d’un équilibre indispensable à notre santé bucco-dentaire.
Un équilibre fragile
Notre bouche accueille ces micro-organismes sur les dents, les gencives, la langue, les muqueuses et dans la salive. La langue, notamment sa partie arrière, constitue un habitat particulièrement riche.
Lorsque cet écosystème est équilibré, les différentes espèces se régulent entre elles et contribuent au bon fonctionnement de notre environnement buccal.
Mais certaines habitudes ou situations peuvent perturber cet équilibre : alimentation très riche en sucres, mauvaise hygiène bucco-dentaire, tabac, certains médicaments ou encore certaines maladies.
C’est ce que l’on appelle une dysbiose : un déséquilibre de la communauté microbienne.
Elle peut favoriser la prolifération de certaines bactéries impliquées dans les caries, la mauvaise haleine ou les maladies des gencives.
De la bouche à l'intestin
Notre bouche constitue la première porte d’entrée de notre système digestif.
Chaque jour, nous avalons naturellement une grande quantité de salive contenant des micro-organismes. Une partie d’entre eux rejoint donc notre tube digestif.
Cela explique pourquoi les chercheurs s’intéressent de plus en plus au lien entre microbiote buccal et microbiote intestinal.
Des études ont notamment observé des associations entre certaines perturbations du microbiote oral et différentes maladies inflammatoires.
Ces recherches sont encore en cours, mais elles nous montrent une chose essentielle : notre bouche et notre intestin ne fonctionnent pas indépendamment l’un de l’autre.
Plus largement, la santé bucco-dentaire semble également avoir des liens avec la santé générale, notamment à travers les mécanismes inflammatoires.
Et la langue dans tout ça ?
La langue peut héberger une grande diversité de bactéries.
Une langue très chargée peut être le reflet d’un déséquilibre de l’écosystème buccal, mais son aspect peut aussi varier naturellement selon l’hydratation, l’alimentation ou l’hygiène.
Un nettoyage doux de la langue peut compléter le brossage des dents, sans chercher pour autant à vouloir éliminer toutes les bactéries : l’objectif n’est pas d’avoir une bouche stérile, mais un microbiote équilibré.
Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, avoir des bactéries dans la bouche est parfaitement normal.
Le problème n’est pas tant leur présence, mais plutôt ce qui se produit lorsque l’équilibre de leur écosystème est perturbé.
Un écosystème qui cherche son équilibre
Dans un microbiote équilibré, les différentes espèces de micro-organismes cohabitent et participent à un véritable écosystème.
Mais cet équilibre peut être modifié par différents facteurs :
- une hygiène bucco-dentaire insuffisante ou inadaptée ;
- une alimentation très riche en sucres ;
- le tabac ;
- certains médicaments ;
- le stress ;
- certaines maladies ;
- ou encore des modifications de notre état général.
Lorsque certaines bactéries deviennent trop nombreuses et que la diversité microbienne diminue, l’environnement buccal peut devenir plus favorable au développement de problèmes comme les caries ou les maladies des gencives.
C’est ce que l’on appelle une dysbiose, c’est-à-dire une perturbation de l’équilibre de l’écosystème microbien.
La digestion commence dans la bouche
La bouche est également la première étape de notre digestion. Lorsque nous mangeons, plusieurs choses se produisent simultanément. Nous mastiquons les aliments, ce qui les réduit mécaniquement en petits morceaux.
Notre salive les humidifie et facilite leur progression vers l’œsophage.
Mais elle contient également l’amylase salivaire, une enzyme digestive qui commence déjà à dégrader certains glucides.
Autrement dit : la digestion commence avant même que notre repas n’arrive dans l’estomac.
Et c’est aussi pour cela que prendre le temps de mâcher est important.
Manger plus lentement permet non seulement de mieux broyer les aliments, mais aussi de laisser davantage de temps à la salive pour jouer son rôle.
De la bouche à l'intestin : un lien à ne pas négliger
Notre bouche constitue une porte d’entrée vers notre système digestif.
Chaque jour, une partie des micro-organismes présents dans notre bouche est naturellement avalée avec notre salive et rejoint le tube digestif.
Cela ne signifie évidemment pas que les bactéries buccales vont toutes s’installer dans l’intestin.
L’environnement change considérablement au cours du trajet : acidité de l’estomac, enzymes digestives, bile, oxygène…
Mais il existe bien des interactions entre les différents écosystèmes microbiens de notre organisme.
Les recherches s’intéressent notamment au lien entre microbiote oral, inflammation, santé bucco-dentaire et santé générale.
Certaines bactéries présentes dans la bouche peuvent notamment être associées à des phénomènes inflammatoires lorsqu’elles se retrouvent dans certains tissus ou lorsque l’équilibre du microbiote est fortement perturbé.
Cela nous rappelle une chose importante : notre corps ne fonctionne pas en compartiments isolés.
La bouche, l’intestin, le système immunitaire et notre métabolisme sont en interaction permanente.
Alors comment prendre soin de son microbiote buccal ?
La première chose à faire est finalement assez simple : prendre soin de sa santé bucco-dentaire.
- Se brosser les dents régulièrement
Le brossage permet de limiter l’accumulation de plaque dentaire et de maintenir un environnement favorable à l’équilibre de la bouche.
L’objectif n’est pas de vouloir éliminer toutes les bactéries : ce serait impossible et surtout pas souhaitable.
Il s’agit plutôt de limiter l’accumulation excessive de plaque et de préserver l’équilibre de l’écosystème.
Question dentifrice ? L’argile blanche éventuellement additionnée de quelques gouttes d’huiles essentielles de menthe poivrée ou de clous de girofle sera une alternative simple, douce et économique !
- Ne pas oublier la langue
La langue possède une surface particulièrement favorable à l’accumulation de bactéries et de débris alimentaires.
Un nettoyage doux de la langue doit compléter le brossage. Un gratte langue en cuivre issu de l’ayurveda sera l’outil parfait si la brosse à dent au fond de la gorge pose problème.
- Bain d’huile
Une pratique ancestrale que l’on doit à l’Ayurveda, une médecine traditionnelle indienne millénaire, le oil pulling ou gandhush permet de purifier la cavité buccale des germes pathogènes, bactéries, virus et toxines accumulées dans l’organisme durant la nuit.
En pratique :
- Pratiquez cette routine détox au quotidien, à jeun, avant le petit-déjeuner
- Prenez une cuillère à soupe d’huile de sésame, si possible, biologique et pressée à froid.
- Gardez au moins 5 minutes en bouche (10 minutes pour les plus courageux) et faites-la passer énergétiquement dans la bouche, d’avant en arrière et entre les dents. Vous pouvez prendre votre douche en même temps, ou préparer votre petit-déjeuner.
- Recrachez dans les toilettes, ou dans un mouchoir pour le mettre à la poubelle, pour préserver vos canalisations
- Rincez la bouche à l’eau tiède
- Faire attention à la fréquence du sucre
Ce n’est pas seulement la quantité de sucre consommée qui compte : la fréquence des prises alimentaires sucrées joue également un rôle important pour la santé dentaire.
Les bactéries impliquées dans les caries se nourrissent des sucres disponibles et produisent des acides qui participent à la déminéralisation de l’émail.
Alors on évite le grignotage sucré répété ! Mieux vaut prendre un dessert en fin de repas puis se laver les dents afin d’éliminer toute nourriture dans la bouche.
- Mâcher et prendre son temps
Mâcher correctement permet de préparer les aliments à leur passage dans le système digestif et stimule la production de salive.
Et puis, manger plus lentement permet aussi de mieux ressentir les signaux de satiété.
Une petite habitude toute simple qui peut avoir plusieurs intérêts.
Et les bains de bouche dans tout ça ?
Certains produits antiseptiques peuvent réduire fortement la quantité de bactéries présentes dans la bouche. Or notre objectif n’est pas de « désinfecter » notre bouche en permanence, mais de maintenir un équilibre.
Un bain de bouche peut avoir son intérêt dans certaines situations particulières, comme en post-opératoire, mais son utilisation devrait être adaptée aux besoins de chacun et, si nécessaire, conseillée par un professionnel de santé bucco-dentaire.
Le bain d’huile de sésame sera plus doux au quotidien, tout en préservant l’équilibre microbien buccal.
Ce qu'il faut retenir
Le microbiote buccal nous rappelle justement que notre santé est faite d’interactions : alimentation, digestion, hygiène de vie, sommeil, stress, immunité…
Il s’agit donc de revenir aux fondamentaux : une alimentation variée, une bonne hygiène bucco-dentaire et une hydratation suffisante.
Et surtout, de ne pas oublier le rôle essentiel du dentiste et des professionnels de santé bucco-dentaire lorsqu’un problème apparaît.
Notre bouche n’est pas simplement le lieu où nous mâchons nos aliments.
C’est un véritable écosystème vivant, en interaction avec notre alimentation, notre système digestif et notre organisme tout entier.
Alors la prochaine fois que vous vous brosserez les dents, pensez-y : vous ne prenez pas seulement soin de vos dents, vous prenez aussi soin d’un petit écosystème qui participe à votre santé.
Note : Une séance de réflexologie ne remplace pas une consultation chez un médecin. Vérifier avec lui que vos symptômes ne soient associés à une pathologie.
La réflexologie ne se substitue pas à la médecine conventionnée.
Le réflexologue ne peut pas faire un diagnostic, modifier un traitement ou participer à une décision thérapeutique.
Conformément à la loi, la pratique de la réflexologie ne peut être en aucun cas assimilée à des soins médicaux ou de kinésithérapie, mais à une technique de bien être par la relaxation physique et la détente libératrice de stress. (Loi du 30.04.1946, décret 60669 de l’article l.489 et de l’arrêté du 8.10.1996.)
